Indicateurs

Les indicateurs sont calculés à partir de la liste des flux générés pour les 8 scénarios. Ils sont toujours agrégés par devise (dans la devise des flux), par scénario et par origine (une vue contractuelle, une vue comportementale) ; les états réglementaires les déclinent en plus par classification FINREP de l’opération. Une opération sans classification FINREP est exclue de tous les indicateurs, totaux compris, pour que chaque total reste la somme de sa décomposition ; le reporting le signale par un avertissement (Avertissements propres au reporting).

Ces règles sont celles du moteur et des états réglementaires. L’onglet Metrics d’une génération, vue de gestion, lit les flux autrement : en devise pivot, opérations sans FINREP comprises (§3.9).

Dans les formules, la somme \(\sum_{f}\) porte sur les flux \(f\) de la devise, du scénario \(\sigma\) et de l’origine considérés ; \(CF_f\) est le montant signé du flux, \(t_f\) sa date de paiement, \(t^{adj}_f\) sa date de repricing (§1.9).

Récapitulatif des indicateurs

Chaque indicateur est une somme sur les flux de la devise, du scénario et de la vue (contractuelle ou comportementale). Ce qui le distingue, ce sont les flux qu’il retient et ce qu’il compte pour chacun.

Indicateur À l’écran Flux retenus Valeur d’un flux Détail
EVE VEF Flux certains, hors renouvellements du bilan constant Actualisé à sa date de repricing §3.2
EVE1Y VEF 1A Les mêmes, à échéance d’un an au plus Actualisé à sa date de repricing §3.2
NIM1Y (NII à 12 mois) MNI 1A Flux d’intérêts, renouvellements compris Part courue sur les 12 mois après l’arrêté, non actualisée §3.3
NIM MNI Flux d’intérêts, renouvellements compris Part courue après l’arrêté, non actualisée §3.3
MV VM Tous les flux, hors renouvellements du bilan constant Actualisé à sa date de paiement §3.1
MV1Y VM 1A Les mêmes, à échéance d’un an au plus Actualisé à sa date de paiement §3.1
NOMINAL Nominal Aucun : nominal contractuel de l’opération, sans scénario ni vue Montant du nominal §3.8

Les autres chiffres se déduisent de ceux-là ou de la balance :

Indicateur Règle Détail
ΔEVE, ΔNII, ΔMV Scénario moins BASELINE §3.4
Pire variation et ratio au Tier 1 Plus forte baisse sur les chocs prudentiels ; rapportée à capitalAmount §3.4
Encours comptable Soldes de la balance comptable classés sur la ligne, ou notionnels des opérations sans balance §3.5
Duration modifiée −EV01 / (EVE × 0,0001) §3.5
Notionnel, rendement et maturité moyens, échéancier de repricing Flux de repricing notionnels BASELINE, par bloc fixe ou variable §3.6
Gaps de liquidité et de taux Flux de capital en devise pivot, par bande §3.7

Le calcul de chaque cellule des états réglementaires figure dans le détail des cellules des états J.

3.1 Valeur de marché (MV)

Valeur actuelle de tous les flux, certains et incertains, capital et intérêt, actualisés à leur date de paiement sur la courbe du scénario :

\[MV_\sigma = \sum_f CF_f \cdot DF_\sigma(t_f)\]

La MV comprend les coupons futurs des opérations à taux variable, projetés au forward du scénario ; elle ne comprend pas les opérations renouvelées du bilan constant, qui n’entrent que dans la NII. Variante MV1Y : flux payés au plus tard un an après l’arrêté (\(t_f \le t_0 + 1\) an).

3.2 Valeur économique des fonds propres (EVE)

Valeur actuelle des seuls flux certains, actualisés à leur date de repricing sur la courbe du scénario :

\[EVE_\sigma = \sum_{f\,:\,\text{CERTAIN}} CF_f \cdot DF_\sigma\big(t^{adj}_f\big)\]

Ce que cette définition implique :

  • Opération à taux fixe : tous ses flux sont certains et restent à leur date ; son EVE est la valeur actuelle de l’échéancier complet. Le choc agit par l’actualisation.
  • Opération à taux variable : seuls le coupon en cours (déjà fixé) et le capital, ramené à la fin de ce coupon, entrent dans l’EVE. Les coupons futurs, qui seront refixés, en sont exclus. La jambe vaut donc à peu près le pair au prochain refixing, ce qui lui donne une duration de quelques mois.
  • Production nouvelle : les opérations renouvelées du bilan constant n’entrent pas dans l’EVE (vue en extinction, « run-off ») ; tous leurs flux sont d’ailleurs incertains.
  • Choc : un flux certain n’est pas re-tarifé dans un scénario (il est toujours calculé sur la courbe BASELINE) ; seule son actualisation change.

Variante EVE1Y : mêmes flux restreints à \(t_f \le t_0 + 1\) an.

3.3 Marge nette d’intérêt (MNI / NII)

Somme non actualisée des intérêts courus sur les 12 mois qui suivent l’arrêté (base d’engagement, pas de caisse). Chaque flux d’intérêt de période \([t_{k-1}, t_k]\) compte pour la part de sa période comprise dans l’horizon \([t_0, t_0 + 1\text{ an}]\), en jours calendaires :

\[NII^{12m}_\sigma = \sum_{f\,:\,\text{INTEREST}} CF_f \cdot \frac{\text{jours}\big([t_{k-1}, t_k] \cap [t_0,\ t_0 + 1\text{ an}]\big)}{\text{jours}(t_{k-1}, t_k)}\]

  • Les flux de capital ne contribuent pas.
  • Les intérêts reçus (actifs) sont positifs, les intérêts payés (passifs) négatifs : la somme est la marge.
  • Le scénario agit sur les montants : les coupons incertains (opérations variables à refixer, production nouvelle du bilan constant) sont calculés sur la courbe choquée ; les coupons certains ne bougent pas. Un portefeuille entièrement à taux fixe sans renouvellement a donc la même NII dans tous les scénarios.
  • La part d’un coupon en cours courue avant l’arrêté n’entre pas ; un coupon qui chevauche la fin de l’horizon entre pour ses jours compris dans l’année. Un flux sans période d’intérêt garde la règle de la date de paiement (en entier s’il est payé dans l’horizon, sinon pas du tout).
  • Les flux exportés gardent leur montant entier : seul l’indicateur est proratisé.

L’indicateur NIM (sans fin d’horizon) somme tous les intérêts courus après l’arrêté ; les états EBA utilisent NIM1Y, la NII à 12 mois. Ni l’un ni l’autre n’est le montant en caisse que l’onglet Metrics appelle « Intérêts totaux sur la durée de vie » (§3.9).

3.4 Sensibilités et test des valeurs aberrantes

Les variations sont toujours scénario moins baseline :

\[\Delta EVE_\sigma = EVE_\sigma - EVE_{BASELINE} \qquad \Delta NII_\sigma = NII_\sigma - NII_{BASELINE} \qquad \Delta MV_\sigma = MV_\sigma - MV_{BASELINE}\]

Le test des valeurs aberrantes (SOT) de l’état J 01.00 retient la pire variation, sur la vue comportementale, parmi les scénarios prudentiels prescrits (règlement délégué (UE) 2024/856) :

\[\Delta EVE^{pire} = \min_{\sigma \in \mathcal S_{EVE}} \Delta EVE_\sigma \qquad \Delta NII^{pire} = \min_{\sigma \in \mathcal S_{NII}} \Delta NII_\sigma\]

avec \(\mathcal S_{EVE}\) = les six chocs (parallèle haut et bas, pentification, aplatissement, court haut et bas) et \(\mathcal S_{NII}\) = les deux chocs parallèles. La sonde UP_1_BP n’est jamais retenue.

et ses ratios aux fonds propres de catégorie 1 (Tier 1) déclarés dans la situation (capitalAmount, donnée additionnelle) :

\[\text{ratio}_{EVE} = \frac{\Delta EVE^{pire}}{\text{Tier 1}} \qquad \text{ratio}_{NII} = \frac{\Delta NII^{pire}}{\text{Tier 1}}\]

(cellule vide si aucun Tier 1 n’est déclaré, avec un avertissement). Les seuils réglementaires (15 % du Tier 1 pour l’EVE, 5 % pour la NII) ne sont pas appliqués par le moteur : le ratio est restitué, l’appréciation revient à l’utilisateur.

Sans valeur baseline, ou sans aucun de ces scénarios prudentiels calculé pour la devise, la pire variation n’est pas calculée : les lignes 0010 / 0100 et leurs ratios 0020 / 0110 restent vides, pas à 0, avec l’avertissement RPT-066.

3.5 Encours comptable et duration modifiée

Encours comptable (colonne 0010 des états J 02.00 à J 04.00), par devise et classification FINREP, à la date d’arrêté, pas à partir des flux, et donc identique dans les deux vues. L’Annexe XXIX renvoie au §27 de l’Annexe V FINREP : « ‘the carrying amount’ means the amount to be reported in the balance sheet. The carrying amount of financial instruments shall include accrued interest. Under the relevant national GAAP based on BAD, the carrying amount of derivatives either shall be the carrying amount under national GAAP including accruals, premium values and provisions if applicable, or it shall be equal to zero where derivatives are not recognised on-balance sheet. »

La source se choisit avec la clé carryingAmountSource des données complémentaires de la situation :

  • BALANCE, par défaut quand la situation porte une balance comptable et une classification : l’encours est la somme des soldes des comptes de la balance que la classification range sur la ligne, chaque compte une seule fois — principal, créances et dettes rattachées (intérêts courus), décote et surcote, soultes. Un compte de la balance prend la ligne du poste comptable de mapping_compta qui est le plus long préfixe de son numéro.

    \[CA_{c} = s_c \sum_{a \in c,\ a \notin HB} \text{solde}_a \qquad s_c = +1 \text{ (ligne d'actif)},\ -1 \text{ (ligne de passif)}\]

    Actifs et passifs sont ainsi positifs, et un compte de contrepartie (amortissement, dépréciation, décote d’un passif) diminue sa ligne. Les comptes d’une catégorie hors bilan (HB) n’y entrent pas : un swap de couverture, hors bilan en normes françaises, n’est porté que par ses comptes de bilan (soultes, intérêts courus, CAP/PAR), sur la ligne où la classification les range — zéro sinon.

  • DEAL, par défaut sans balance : \(CA_{c} = \sum_{i \in c} \big|\text{carryingAmount}_i\big|\) sur les opérations du bilan (sans les renouvellements), soit leur notionnel : nominal de la jambe 1 d’un swap, valeur faciale d’un titre. Ni intérêts courus ni décote, et le notionnel d’un dérivé hors bilan ; un avertissement le rappelle à chaque rapport.

Rapprochement (source BALANCE). Chaque ligne est comparée aux opérations qui y sont classées : la somme de leurs notionnels contre le solde de la ligne, comptes hors bilan compris (le notionnel d’un swap retrouve ainsi son engagement de classe 9). Un écart de plus de 5 % (et de plus de 1 000) donne un avertissement qui cite les deux montants : opération absente des extractions, compte rangé sur une autre ligne que les opérations, ou encours non modélisé. Un compte de la balance qu’aucune ligne de la classification ne couvre, ou dont la catégorie n’a pas de ligne FINREP, est signalé avec son solde : il n’est dans aucune ligne.

Comptes hors du bilan. Le accountingMapping de la configuration client (Configuration client) dit quels comptes sont au bilan : un compte qu’il type PNL, OBS ou DERIVATIVE n’apporte rien à l’encours comptable, même si la classification le range sur une ligne (un avertissement le signale alors avec son solde ; un notionnel rangé dans une catégorie hors bilan reste dans le rapprochement). Un tel compte non classé est seulement compté. Tout autre compte (ASSET, LIABILITY ou couvert par aucune clé) est un compte de bilan et passe par la classification. Aucun plan comptable n’est figé dans le calcul : sans accountingMapping, chaque compte non classé est signalé avec son solde.

Duration modifiée (colonne 0020 des états J 02.00 à J 04.00), par devise et ligne :

\[D^{mod}_c = -\frac{EV01_c}{EVE_c \times 0{,}0001} \qquad EV01_c = EVE_c^{\,+1\,bp} - EVE_c^{\,baseline}\]

C’est la définition de l’Annexe XXIX (règlement d’exécution (UE) 2024/855), partie III, colonne 0020 : « Modified duration (‘Dmod’), including automatically optionality, where: Dmod = - EV01 / (Economic Value 0.0001). EV01 equals to a +1 bps sensitivity (parallel shock) of the Economic value. »* L’EVE est celle de la colonne 0030 (bilan en écoulement, vue comportementale) et EV01 sa variation sous le scénario UP_1_BP, un choc parallèle de +1 point de base que le moteur calcule avec les six chocs prudentiels. Une ligne parente prend la duration de son EVE cumulée, soit la moyenne des durations de ses lignes filles pondérée par leur EVE ; une ligne « dont : taux fixe » celle de l’EVE de ses seuls flux à taux fixe, au sens de la règle d’un an du §3.6.

  • Le ratio ne dépend pas du signe : un passif (EVE négative dans le moteur) a une duration positive, comme l’actif symétrique.
  • Une ligne sans valeur économique (EVE nulle, aucun flux) ou un calcul lancé sans le scénario UP_1_BP n’a pas de duration : la cellule n’est pas renseignée.
  • Un dérivé n’a qu’une petite valeur nette (la différence de ses deux jambes) : sa duration peut être grande, voire négative.
  • Les options automatiques (caps, floors, options de remboursement) ne sont pas modélisées ; la duration ne les inclut donc pas.

3.6 Notionnels et échéanciers de repricing (J 05.00 à J 07.00)

Ces états n’ont pas de dimension scénario : ils sont calculés sur les flux BASELINE du bilan à la date d’arrêté (sans les renouvellements), séparément pour le bloc taux fixe et le bloc taux variable, par devise et classification. Les règles suivent l’Annexe XXIX (règlement d’exécution (UE) 2024/855), parties I et IV, et la définition des flux de repricing notionnels du règlement délégué (UE) 2024/857, art. 1(1).

Flux retenus : les flux de repricing notionnels. L’art. 1(1) du RTS SA les définit comme le remboursement ou le refixing du principal et « an interest payment on that part of the principal that has not yet been repaid or repriced ». Seuls les flux certains sont donc rangés : le principal (celui d’un instrument variable à son prochain refixing, §1.9) et les coupons déjà fixés. Les coupons variables projetés après le prochain refixing (flux incertains) n’entrent pas dans l’échéancier : ce sont les mêmes flux que ceux de l’EVE.

Échéancier de repricing : somme des flux retenus par bande temporelle de repricing (§1.12) :

\[\text{Repricing}_{c,b} = \sum_{f \in c,\; \text{bande}(t^{adj}_f) = b} CF_f\]

Taux fixe ou variable (Annexe XXIX, partie I, §3) : est à taux fixe un instrument « whose cash flows of interest payments are fixed from the inception and until the maturity of the instrument, or where the contractual repricing is above 1 year » ; est à taux variable un instrument « where its contractual repricing is below or equal to 1 year ». Une jambe variable dont le taux indique une périodicité de refixing d’un mois à un an est au bloc variable ; une jambe variable sans périodicité, ou refixée à l’échéance seulement, dont une période de coupon dépasse un an, est au bloc fixe, avec tous ses flux. Le bloc variable n’a que huit bandes (jusqu’à 2 ans) : avec cette règle aucun flux variable ne devrait les dépasser ; si cela arrive (jambe variable sans coupon pour refixer son principal), un avertissement FloatingBeyondTwoYears donne le montant non reporté par devise. Les lignes « dont : taux fixe » de J 02.00 suivent la même règle : une jambe variable refixée à plus d’un an y entre avec tous ses flux, dans leur EVE, leur NII et leur duration ; J 01.00 et les lignes parentes de J 02.00 ne changent pas, puisqu’elles prennent tous les flux quel que soit leur taux.

Dépôt sans échéance, vue contractuelle. L’Annexe XXIX, partie IV, §1.3(a) : « The cash flow profile of non-maturity products (including NMDs) shall be treated as short-term variable positions (shortest time bucket) ». Sur l’onglet contractuel .a, tout le principal d’un dépôt sans échéance est rangé dans la bande jour le jour (colonne 0070 ou 0320 selon son taux), quelle que soit la loi d’écoulement contractuelle configurée, et ses intérêts ne sont pas rangés. L’onglet comportemental .b garde la loi. Un solde comptable garde sa loi dans les deux vues : il agrège des opérations dont l’import ne porte pas l’échéance, pas des dépôts à vue.

Un flux porte le taux de son opération : les tranches de capital d’un dépôt sans échéance sont dans le bloc de son taux. Un dépôt sans taux est traité comme un dépôt non rémunéré à taux fixe 0 % (bloc taux fixe) et signalé par un avertissement.

Notionnel (colonnes 0010 / 0260, vue comportementale uniquement, l’ITS interdisant ces colonnes en vue contractuelle) : « Institutions shall report the outstanding principal amount of instruments. In the case of derivatives the outstanding principal amount of the asset (receiver) leg shall be reported (i.e., no netted amounts of receiver/payer legs). » C’est le principal restant dû, les seuls flux de capital, en valeur absolue (l’Annexe, partie I, §5.3, demande des notionnels positifs à l’actif comme au passif) ; pour un swap, le principal de la jambe receveuse : la dernière tranche de capital de chaque jambe compte si elle est reçue (positive), aucune autre :

\[\text{Notionnel}_c = \Big|\sum_{f \in c,\; f \text{ capital, hors dérivés}} CF_f\Big| + \sum_{\text{jambes receveuses}} P_{jambe}\]

Le notionnel ne réconcilie donc plus avec l’échéancier, qui porte aussi les intérêts.

Rendement et maturité moyens :

\[\bar y_c = \frac{\sum_{p \in Y_c} P_p \cdot y_p}{\sum_{p \in Y_c} P_p} \qquad \bar M_c = \frac{\sum_{f \in F^M_c} P_f \cdot M_{i(f)}}{\sum_{f \in F^M_c} P_f}\]

où \(P_p\) est le principal restant dû de la position \(p\) (une opération ; une jambe pour un swap), la somme des \(P_f\) de ses flux, \(y_p\) son taux annuel, \(P_f\) le principal que représente le flux et \(M_{i(f)}\) la maturité contractuelle de l’opération du flux (en années, base 365) : l’Annexe XXIX (colonnes 0060 / 0310) demande la « maturité contractuelle moyenne mesurée en années, pondérée par le notionnel ». Un prêt amortissable y entre à son échéance finale (date de départ + nombre d’échéances × période) ; son amortissement passe par le principal de chacune de ses tranches, qui sert de poids. \(P_f\) vaut la valeur absolue d’un flux de capital, 0 pour un flux d’intérêts et, pour un swap, le principal de la jambe receveuse.

L’Annexe XXIX (colonnes 0050 / 0300) demande le « rendement moyen sur une base annuelle, pondéré par le notionnel » : le poids est le même principal que la colonne 0010, un coupon ne pèse rien et un dérivé pèse par sa seule jambe receveuse (son rendement est donc le taux de cette jambe). Le taux \(y_p\) est le taux global de la période d’intérêt en cours de la position, son premier flux d’intérêts — marge commerciale et spread compris ; pour un instrument variable, le taux fixé au dernier refixing, pas les coupons projetés au-delà. Une position sans flux d’intérêts dans le bloc prend le taux porté par ses flux de capital ; une position sans aucun taux est exclue, poids compris (\(Y_c\)). Une ligne parente (et la ligne de total) pondère le rendement de chaque classification par son notionnel, en laissant de côté, poids compris, une classification sans rendement : son notionnel n’est pas compté à 0 % (RPT-065).

La moyenne \(\bar M_c\) ne porte que sur les flux dont la maturité contractuelle est connue (\(F^M_c\)) :

  • Dépôt sans échéance : \(M = 1/365\) (un jour), la bande la plus courte de l’Annexe XXIX, partie IV, §1.3(a).
  • Maturité inconnue (solde comptable à loi par buckets, flux dont l’opération est absente du portefeuille) : le flux est exclu de la moyenne, et non compté pour une maturité nulle. Un seul avertissement par rapport donne le nombre d’opérations exclues et leur principal par devise.
  • Solde comptable à loi linéaire : échéance à l’horizon de sa loi (timeHorizon), date d’arrêté + horizon, la date à laquelle la loi écoule sa dernière tranche. L’horizon est un choix métier que le fichier de modèle fixe compte par compte (10Y, 6Y, 1M…) : un solde écoulé sur 10 ans entre pour 10 ans dans la moyenne, un solde écoulé sur un mois pour un mois (§6.5).

Une ligne parente (et la ligne de total) pondère la maturité de chaque classification par son notionnel, en laissant de côté les classifications sans maturité. Une classification couverte en partie pèse pour tout son notionnel : limite décrite au §6.5. Les taux des options incorporées et le taux de modélisation comportementale ne sont pas calculés et restent non renseignés.

Signes : l’échéancier des lignes de passif est reporté en positif, voir le §5.3.

3.7 Gaps de liquidité et de taux

Les gaps sont calculés sur les flux persistés d’une génération, pour un scénario et une origine donnés.

  • Flux retenus : les flux de capital uniquement, en devise pivot.
  • Date de rattachement :
    • gap de liquidité : date de paiement contractuelle \(t_f\) (« quand la trésorerie bouge ») ;
    • gap de taux : date de repricing \(t^{adj}_f\) (« quand le taux est refixé ») — les deux vues coïncident pour le taux fixe et diffèrent pour le variable.
  • Axe : bandes calendaires (semaine, mois, trimestre) sur l’étendue des données, ou les 19 bandes IRRBB mesurées depuis la date d’arrêté du scénario.
  • Filtre facultatif « sensible au taux uniquement » : flux portant un type de taux.

Par bande \(b\) :

\[\text{Entrées}_b = \sum_{f \in b,\ CF^{pivot}_f > 0} CF^{pivot}_f \qquad \text{Sorties}_b = \sum_{f \in b,\ CF^{pivot}_f < 0} CF^{pivot}_f \qquad \text{Gap}_b = \text{Entrées}_b + \text{Sorties}_b\]

Cumuls, au choix :

\[\text{FORWARD} : \sum_{b' \le b} \text{Gap}_{b'} \quad \text{(position cumulée)} \qquad \text{BACKWARD} : \sum_{b' \ge b} \text{Gap}_{b'} \quad \text{(encours restant)}\]

Un flux de montant nul n’est compté ni en entrée ni en sortie.

3.8 Indicateurs par opération

Pour l’exploration et l’export, le moteur calcule les mêmes MV, EVE, NII (et leurs variantes à 1 an) par opération, par origine, devise et scénario, plus une ligne NOMINAL (nominal contractuel, sans scénario ni origine). Ces lignes alimentent la synthèse du reporting : les opérations sans FINREP en sont exclues, mais ni le run-off ni le périmètre de classification n’y sont appliqués. La somme sur les opérations redonne donc le chiffre de la synthèse, pas celui des états (§3.9).

3.9 Pourquoi l’onglet Metrics, la synthèse et les états peuvent différer

Trois écrans donnent une EVE, une VM et une NII pour un même calcul : l’onglet Metrics d’une génération (avec la page d’une opération et la comparaison de situations), la synthèse du reporting (onglet Synthesis & Metrics) et les états IRRBB, que les libellés de l’application appellent « modèles IRRBB ». Ils partent des mêmes flux, mais ne retiennent ni les mêmes opérations ni la même devise.

Les états IRRBB font foi : ce sont les seuls chiffres réglementaires. L’onglet Metrics et la synthèse sont des vues de gestion, et chacun le dit dans son libellé. Pour la NII, les trois lisent la même mesure, NIM1Y du moteur (§3.3) ; seules les opérations retenues et la devise changent.

Onglet Metrics Synthèse du reporting États IRRBB
Statut Vue de gestion Vue de gestion Réglementaire
Source Flux enregistrés de la génération ; pour la NII, la décision du moteur sur chaque flux Métriques par opération du moteur (§3.8) Indicateurs du moteur, après run-off et périmètre
Devise Devise pivot Devise du flux Devise du flux
Opérations sans FINREP Incluses Exclues Exclues
Renouvellements du bilan constant Inclus Inclus Exclus de l’EVE et de la VM, inclus dans la NII
Périmètre de classification Non appliqué Non appliqué Appliqué s’il est activé
Origine Une à la fois, comportementale par défaut Champ du tableau Un onglet par vue

Pour comparer deux écrans, prenez la même origine et le même scénario, et dans la synthèse la métrique NIM1Y (affichée « MNI 1A »), pas NIM.

Les causes d’écart

Opérations sans classification FINREP. Elles restent dans l’onglet Metrics. La synthèse et les états les excluent, avec l’avertissement RPT-004.

Renouvellements du bilan constant. Leurs flux sont enregistrés avec la génération : l’onglet Metrics et la synthèse les comptent. Les états les retirent de l’EVE et de la VM (vue en extinction, §3.1 et §3.2) et les gardent dans la NII. Tous leurs flux étant incertains, leur EVE est nulle ; leur VM ne l’est pas, et l’écart de VM peut être important.

Périmètre de classification. Quand les données complémentaires portent "classificationScope": true, les états appliquent les colonnes de la classification mesure par mesure. Une opération hors du périmètre d’une mesure reste comptée dans l’onglet Metrics et dans la synthèse. Sans cette clé, cette cause ne joue pas.

Caisse et engagement, un an et durée de vie (NII). La colonne « NII (12 mois) » compte les intérêts courus sur les 12 mois qui suivent l’arrêté, chaque coupon au prorata de ses jours compris dans l’horizon. Les deux autres mesures d’intérêts sont en caisse, chaque coupon compté en entier, et ne sont pas des NII :

  • « Intérêts totaux sur la durée de vie » additionne tous les flux d’intérêt de l’opération, coupon en cours compris, y compris sa part courue avant l’arrêté ;
  • « Intérêts payés sous un an », sur la page d’une opération, ne garde que les coupons dont la période finit au plus tard un an après l’arrêté.

La métrique NIM de la synthèse n’est pas non plus le total de la durée de vie : elle compte les intérêts courus après l’arrêté, sans fin d’horizon, sans la part courue avant l’arrêté.

Devise. L’onglet Metrics convertit chaque flux en devise pivot, à son propre fixing. La synthèse et les états gardent la devise du flux, comme tout indicateur réglementaire. L’écart ne touche que les opérations hors devise pivot. Les états donnent un chiffre par devise ; pour les rapprocher de l’onglet Metrics, comparez devise par devise.

Les écarts s’enchaînent ainsi, par origine, scénario et devise :

  • onglet Metrics − opérations sans FINREP − effet de change = synthèse (pour la NII, la synthèse en NIM1Y) ;
  • synthèse − opérations hors périmètre − renouvellements = états, pour l’EVE et la VM ;
  • synthèse − opérations hors périmètre = états, pour la NII.

Pour un chiffre d’un état, le détail du calcul nomme ces opérations sous Opérations écartées, avec leur raison.

Exemple sur un portefeuille illustratif

Ce portefeuille est illustratif : ce n’est pas celui d’un client, et son cours de change est lui aussi fictif. Les chiffres sont en revanche la sortie réelle du moteur sur ce portefeuille, arrêté au 30/06/2025, scénario BASELINE, vue comportementale, périmètre de classification activé, devise pivot EUR. Ils sont arrondis à l’unité : un total peut différer d’une unité de la somme de ses lignes. Chaque opération est un dépôt à terme qui illustre une cause :

  • A n’a aucune particularité ;
  • B arrive à échéance un mois après l’arrêté ;
  • C est le renouvellement de B créé par le bilan constant ;
  • D n’a pas de classification FINREP ;
  • E est hors du périmètre de classification ;
  • F est libellée en USD.

EVE. Une opération qu’un écran ne compte pas est marquée « absente ».

Opération Onglet Metrics (EUR) Synthèse États IRRBB
A, sans particularité 74 023 043 74 023 043 74 023 043
B, échéance proche 50 403 245 50 403 245 50 403 245
C, renouvellement 0 0 absente
D, sans FINREP 56 494 069 absente absente
E, hors périmètre 21 149 753 21 149 753 absente
F, en USD 67 421 466 73 869 018 USD 73 869 018 USD
Total 269 491 576 145 576 041 EUR et 73 869 018 USD 124 426 288 EUR et 73 869 018 USD

VM. Sur ces opérations, la VM est égale à l’EVE, sauf pour le renouvellement C : −4 036 099 dans l’onglet Metrics et la synthèse, absente des états. Il décaisse 50 000 000 un mois après l’arrêté et n’est remboursé que sept ans plus tard, ce qui rend sa valeur actuelle négative. Totaux : 265 455 478 dans l’onglet Metrics, 141 539 942 EUR et 73 869 018 USD dans la synthèse, 124 426 288 EUR et 73 869 018 USD dans les états.

Intérêts et NII.

Opération Intérêts totaux sur la durée de vie (EUR) Intérêts payés sous un an (EUR) NII (12 mois), onglet Metrics (EUR) NII, synthèse NII, états IRRBB
A, sans particularité 1 957 500 652 500 652 500 652 500 652 500
B, échéance proche 482 500 482 500 39 658 39 658 39 658
C, renouvellement 3 410 253 0 447 137 447 137 447 137
D, sans FINREP 8 505 822 0 2 125 000 absente absente
E, hors périmètre 2 139 000 713 000 713 000 713 000 absente
F, en USD 1 669 687 568 129 557 022 600 000 USD 600 000 USD
Total 18 164 762 2 416 129 4 534 317 1 852 294 EUR et 600 000 USD 1 139 294 EUR et 600 000 USD

Ce qu’il faut lire, cause par cause :

  • Sans FINREP (D) : 56 494 069 d’EVE dans l’onglet Metrics, rien ailleurs.
  • Renouvellement (C) : sa VM de −4 036 099 n’est pas dans les états, mais ses 447 137 de NII y restent.
  • Périmètre (E) : 21 149 753 d’EVE et 713 000 de NII dans l’onglet Metrics et la synthèse, rien dans les états.
  • Caisse et engagement (B) : le coupon de 482 500 est payé un mois après l’arrêté. Il compte en entier en caisse, mais pour 39 658 seulement dans la NII, car le reste a couru avant l’arrêté.
  • Un an et durée de vie (A) : 1 957 500 d’intérêts sur la durée de vie, 652 500 de NII.
  • Devise (F) : 73 869 018 USD font 67 421 466 EUR dans l’onglet Metrics, chaque flux à son fixing.